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Histroire générale de Batroun par Jospeh Merchak

Batroun est une ville côtière du Liban-Nord. Elle se situe à 50 Km au nord de Beyrouth, et à 30 Km au sud de Triopli.

Site et nom de Batroun

La ville ancienne est une presqu’ile de forme circulaire en rayon de soleil, se cractérisant par son port phénicien classique: une rade au nord de la ville et une autre au sud, près de laquelle se trouvent “la piscine de la fille du roi” (birkaet bint el-amalk), le chantier naval et “le siège du prince” (Maqaaad el-mir). On pense que c’est “Maqaad el-mir” qui donna son nom à la ville (J.T. Merchack), “bet trouna” signifiant “l’endroit du chef” et la “localité du prince” (P.P. Hobeika et Armalé). Aussi batroun prit-elle son nom de la structure en relief,”bitron”, de la racine sémitique”b-t-r” veut dire “sectionner,fendre et couper”, et de la même racine dérive, aussi, un terme qui désigne “le rocher”, et “la haute falaise”, ainsi, le nom est phénicien de la racine “b-t-r- = batara” (Dr Anis Frayha). Après la conquête d’Alexandre le Grand, les Grecs l’appelèrent “Botrys” signifiant “grappe de raisin”, cette appelation semble due aux vignobles qui couvraient son sol et celui de la région. Ainsi, fut-elle appelée par leur successeurs, les Séleucides, les Romains et les Byzantins. Batroun garda la renommée des vins jusqu’à la conquête ottomane. Les Arabes l’appelèrent “bathroun” (th, pronociation anglaise). Les croisés l’érigèrent en seigneurie relevant du comté de Tripoli en l’appelant “Le Boutron”. C’est dans les letters de Tall el Amarna (première moitié du XIVe s.av. J.-C.) que le nom de Batroun (Bat-Ru-Na) fut mentionné pour la première fois dans l’histoire, bien que sa constrution remontât à une époque bien plus lointaine vu la présence de l’homme dans la ville et ses environs vers 500000 ans B.P. l’atteste..

Les époques de prospérité de Batroun

Il faut tenir compte d’un principe que l’histoire de Batroun est indissociable de son environnements local, régional et mondial. Cette ville a connu des époques de décadence et de prospérité; ce sont les dernières qui nous intéressent:
- La préhistoire (v. -500000 B.P. v. -3000 av. J.-C.)
- l’histoire:
a- L’époque phènicienne (v.3300 av. J.-C. -64 av. J.-C.)
b- L’époque romano-byzantine (64 av. J.-C. – vers 636 ap. J.-C.)
c- L’époque du Moutassarrifiyat (1861-1918)

La prèhistoire
L’homme prèhistoirique de Batroun et de ses environs, nous a laissé un artefact très riche, en os (rare), en silex, en basalte et en obsidienne. Il vécut en nomadede la cueillette et de la chasse aux époques du paléolithique. Les outils qu’il nous laissa sont variés: galets aménagés, bifaces, hachereaux, rachoirs, grattoirs, pics, burins, ciseaux, couteaux, pointes de javelot, pointes de flèche,éléments de faucille, meules, etc…L’homme de Batroun -voir de Koubba- avait utilisé les outils en obsidienne qu’il importait d’Asie Mineure. Quatre sceaux – en terre cuite un séché et un gravé dans une coquille- trouvés à Koubba montrent que Batroun et ses environs ont connu une époque intermédiaire entre la préhistoire et l’histoire écrites: c’est la protohistoire.

L’histoire
a- l’époque phénicienne:
C’est l’époque dans laquelle le nom de Batroun fut cité pour la premiére fois dans l’histoire (lettres de Tall el Amarna) Une statuette votive (v. 2000 av. J.-C.) trouvé à Batroun nous donne une idée de l’ancienneté de la ville. Dans le fonds marins de Batroun, les marins – pêcheurs “pêchent” par hasard des poteries (pots, amphores, Jarres…) dans lesquelles les Phéniciens transportaient des céréales, de la farine des boissons alcoolisées, de l’huile d’olive et d’autre denrées alimentaires.Plusieurs sacrophages en ramleh (grès) ont été exhumés du cimetière phénicien situé au sud de la ville.Les deux rades du port de Batroun sont séparées par un mur phéniien (225m.). La citadelle phénicienne (IXe s.av. J.-C.) édifiée par Ittobaal I (v. 877-856 av. J.-C.) roi de tyr comme fortification pour bousculer l’avancées assyriennes, est le plus anciens vestige construit de la ville.

b- L’époque romano-byzantine:
Vers 47 av. J.-C. Jules César donna à la population de Batroun le droit de citoyenneté romaine, et Auguste donna à la ville le droit aprés 31 av. J.-C., le droit de battre monaie. La ville bénéficiera de ce droit jusqu’au milieu du IIIe s. ap. J. -C. Le théatre romain, situé à l’est de la ville phénicienne était un centre culturelle et artistique de la ville. En 1977, une statue en marbre représentant un dauphin monté par un gamin ett une mosaïque simple ont été découverts près du mur phénicien en 1990. Ces vestiges nous prouvent la richesse de Batroun dans l’antiquité.

c- L’époquecroisée:
Batroun, érigée en seigneurie relevant du comté de Tripoli fut gouvernée par la famille d’Agout. C’est le commerçsnt pisan Plebanus qui l’avait gouvernée après l’extinction de cette famille. Cette seigneurie s’appelait “Seigneurie de Sainte-Montagne”. Les Croisés se servirent de la citadelle phénicienne (détruite 551 ap. J.-C. par un tremblement de terre) comme lieu de gouvernement de leur seigneurie. A Koubba, ils avaient construit l’église du Saint-Sauveur (moitié du XIIe s.) et l’église Saint-Jaques de laquelle ne subsistent que la partie d’un murr et les traces de son abside.

d – L’époque du Moutassarrifiyat:
L’époque du Moutassarrifiyat est la mieux connue de l’histoire de Batroun, parce qu’elle est la plus récente. C’était une époque de prospérité si l’on exclut la catastrophe de la Première Guerre mondiale dont souffrirent les Batrouniens. A ce moment-là, Batroun A ce moment-là Batroun était est un petit port, chef-lieu de caza du même nom. Bien que le litorale de ce district fut étroit – de Selaata à Madfoun – son hinterland étendu, renfermait les localités de Douma, Bechéalé, Tannourine, Qnèt, Hadath el-Joubé, Hasroun, Bcharré, Ehden, Zghorta, Hermel et ses environs. La prospérité de Batroun à cette époque était diversifiée (polyvalante): religieuse, culturelle, artistique, architecturale rt economique. Ainsi, la ville a-t-elle connu des religieux, des poètes, des écrivains, des artistes, des architectes, des commerçants et des industriels célèbres. Elle a pu attirer une population hétérogène en tant que chef-lieu du caza, par sa richesse en moulins, pressoirs, magasins, caravanesérails, hôtels et écoles. La prospérité de cette ville prouve la richesse de sa population comme en attestent les-riches “haras” (villas) décorés de peintures murales, les églises Saint-georges des grecs orthodoxes, (1867) Notre-Dame-de-la Place des maronites (1898) et la cathédrale Saint-Etienne des maronites (début de XXe s.)

Texte: Jospeh T. Merchak
Capes en Géographie

Archéologie et Patrimoine
publication of the General Directorate of Antiquities in cooperation with UNESCO,
n° 7, May, 1997.

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